Highlander, 1592
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Le journal d'Adrian Paul sur The Source

10/07/2006 - Lu 13433 fois
Vous trouverez ici l'intégralité de la traduction du "Journal de bord" rédigé par Adrian Paul sur le tournage de Highlander V : The Source!
17 Octobre, 2005 - Vilnius, Lithuanie

 


Aujourd'hui nous sommes le 17 Octobre, et la production de Highlander: The Source a officiellement commencé.

Le jour-J est arrivé très vite. Nous avons passé les derniers mois à beaucoup travailler sur le script, réécrivant et remaniant bien des choses pour ajuster le rythme, inventer une logique, donner un sens à l'ensemble en essayant de ne laisser aucune faille scénaristique comme il y en a tant dans bien des films... Je pense que nous avons réussi a créer une histoire captivante, et nous disposons maintenant d'une base solide pour improviser lorsque nous tournerons. La pire chose qui puisse arriver quand on commence un film est de savoir que les personnages ou la structure filmique ne sont pas au point. Quand celà arrive vous ne pouvez pas obtenir les grands moments qui n'arrivent que lorsque la base est solide.

La semaine dernière les acteurs ont commencé à venir quotidiennement pour les premières lectures du script. Ils ont apporté plein de bonnes idées pour enrichir leurs personnages et leur donner réalisme et complexité. J'ai été enthousiasmé de voir les gens que nous avions choisis et, soit dit entre nous, tous étaient nos premiers choix, ce qui est relativement rare quand on fait passer des auditions pour un projet. Celà pourrait bien s'avérer être la plus interessante des histoires de Highlander jamais racontée, car elle est vraiment centrée sur les personnages. C'est le genre de film de Highlander que je m'étais toujours promis de faire.

La préparation pour ce film a été beaucoup plus intense que pour bien d'autres, car les idées que nous voulions absolument incorporer par rapport au budget nous ont obligés a être très créatifs. Nous utilisons aussi beaucoup plus de matériel et de techniques modernes de tournage que dans les autres films Highlander. L'utilisation de la Haute Définition apporte aussi son lot de nouveaux problèmes et de nouvelles règles. Les filtres des caméras et les "gels" des éclairages doivent être expérimentés à l'avance pour obtenir les visuels voulus. Tous les acteurs ont du faire l'objet de tests camera pour vérifier que leurs maquillages seraient bien visibles, ainsi que les différentes nuances de peau par rapport aux filtres choisis. Les maquillages plus lourds, à base de prothèses et de masques ont du être testés aussi pour voir le rendu de la caméra Haute Définition.

Et tout à coup, tout celà était derrière nous.

Je n'ai pas encore tourné. Mon premier jour sera Mercredi, et aujourd'hui c'est relache. Hé oui, nous filmons 6 jours par semaine et le Mardi est notre jour de congé, alors c'est assez agréable d'avoir une respiration après l'agitation du premier jour. Comme sur tous les autres films, les gens ont fait connaissance et se sont réglés au rythme imposé par le réalisateur. Tout s'est déroulé pour le mieux. Un léger problème de camera a suspendu le tournage pendant 2 heures, mais ça n'a pas changé grand chose dans le programme, si ce n'est que nous aurons une petite heure à rattraper la prochaine fois. Bill Panzer a poussé un "ouf" de soulagement la nuit dernière après avoir constaté le professionalisme de Brett. A l'issue de bien des mois de préparation, Bill a pu voir que la foi et la confiance que lui et Peter Davis avaient mis en la capacité de Brett à livrer un produit de qualité semblaient en bonne voie de ne pas être déçues. Maintenant reste à voir ce que vont nous réserver les 7 prochaines semaines, qui seront suivies de la post-production...

Je vous tiendrai au courant.

Adrian

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23 Octobre, 2005 - Vilnius, Lithuanie


C'est Dimanche, nous approchons de l'issue de ce 6ème jour de tournage, et tout jusqu'à présent s'est passé relativement bien. Le seul souci qui nous empoisonne est un problème de maquillage à base de prothèses, qui ont besoin d'un certain nombre de modifications.
Nous nous apprétons à tourner le premier combat, et il devrait être très différent de n'importe quel combat que vous ayiez pu voir jusqu'à présent. Je n'en dis pas plus...

Bien que je n'ai tourné que 4 jours, ça a quand même été une sacrée semaine pour moi. Jusqu'à présent j'ai sauté du haut d'un immeuble pour atterrir 3,50 mètres plus bas, j'ai bondi par dessus un précipice de plus de 3 mètres de large pour me rattraper à un échafaudage haut de 4,50 mètres et j'ai été pendu à un fil à 20 mètres du sol... Et avec ça j'ai le vertige! C'est un traitement de choc...

Pour ceux d'entre vous qui le connaissent, David Abramowitz est arrivé il y a 2 jours. Nous avons travaillé sur certains dialogues qui devaient être modifiés après avoir été testés en conditions réelles par les acteurs lors de leurs séances de répetitions, plus certains autres qui requèraient son savoir encyclopédique en matière de Highlander. Demain, lorsqu'il aura accompli fièvreusement sa tâche (avant qu'il ne reparte dès Mardi!), le script sera dans sa forme définitive. Bien sur nous avons la possibilité de nous accorder quelques ajustements de dernière seconde, ce qui ne manque pas d'arriver sur les tournages. Celà arrive-t-il sur d'autres films? Bien sur, parfois. Parfois même les scripts sont écrits juste quelques jours avant que les séquences ne soient filmées...

Donc en avant jusqu'au 4 Decembre. Ces 6 prochaines semaines vont être courtes mais extrèmement bien remplies. Ah, j'oubliais, nous irons aussi en Ecosse pour un jour...

Adrian

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1er Novembre, 2005 - Klaipeda, Lithuanie


Maintenant nous nous trouvons dans une ville nommée Klaipeda, à 300km au nord de Vilnius. Celà fait 3 jours que nous sommes ici et nous avons quasiment fini la première séquence d'action du film. Aujourd'hui nous allons prendre un bateau pour filmer une autre scène, mais d'abord j'ai voulu vous raconter quelques anecdotes.

J'étais un peu inquiet à propos de cette scène de combat car je savais qu'elle allait être énorme, mais que tout le monde n'avait pas répété ce qu'ils devraient faire. Eddie Stacey, le coordinateur des cascades, avait dit que que nous ne chorégraphierions l'entière structure du combat qu'une fois sur place, dans la mesure où nous aurions un jour ou deux avant d'en arriver à cette séquence. Cependant, en raison de problèmes d'emplois du temps, on nous a averti la veille du départ que nous commencerions par cette séquence d'action. Fichtre!

Donc, dès le saut du lit, vers 6h30 du matin, alors qu'il faisait encore nuit, Eddie s'est mis au travail avec les cascadeurs pour commencer à établir sur la structure. Alors que j'étais en route pour le plateau, j'ai entendu dire qu'une ambulance était en train d'emmener quelqu'un à l'hopital. Je n'ai pas compris de qui il s'agissait exactement. Lorsque je suis arrivé, Rocky, l'assistant-coordinateur des cascades, m'a raconté qu'Eddie était en train d'arpenter les lieux du tournage avec les mains dans les poches pour essayer de se réchauffer, lorsqu'il avait trébuché et qu'il était tombé directement sur la figure... Ouch! Avec le chef des cascadeurs à l'hopital en train de se faire recoudre, Rocky et moi avons essayé de déterminer qui allait devoir se battre contre qui, et où. Heureusement nous disposions de la moitié de la structure, dans la mesure où la section dans laquelle j'intervenais avait été réglée quelques jours auparavant. Mais pour ajouter à la confusion, les 12 cascadeurs Hongrois qui venaient d'arriver n'avaient pas répété l'affrontement avec moi. Je n'avais travaillé qu'avec les Lithuaniens... Donc, quand nous avons commencé à y voir un peu plus clair dans cette affaire, j'ai pris la décision de remplacer certains des Hongrois par les Lithuaniens qui s'étaient entrainés sur les mouvements les plus compliqués.

Chaque cascadeur reçut un numéro, de façon que tous sachent parfaitement qui allait affronter qui, et alors que nous nous apprétions à reprendre les sections concernant les autres personnages, Eddie Stacey est arrivé, avec deux points de suture et le visage couvert de bandages. Avec son aide nous pûmes parachever ce que nous avions commencé sans lui.

Ce ne fut pas si difficile que nous l'avions cru, dans la mesure où j'avais pu voir Peter Wingfield et Stephen Wight s'entrainer et répéter quelques mouvements qui donneraient un style bien spécifique à leurs personnages. Après encore un peu de travail sur la structure, la tension a commencé à retomber, et j'ai finalement pu aller me changer et passer au maquillage. Ce jour là, nous nous sommes concentrés sur les plans larges de l'ensemble des protagonistes en train de se battre, en tout 19 personnes s'affrontant au beau milieu d'une bataille de grande envergure. A la fin de la journée j'étais claqué...

Le jour suivant, qui fut plus froid que la veille, et nous nous sommes occupés des plans serrés. A un certain moment durant une prise, alors que je faisait tournoyer un baton au dessus de ma tête, j'ai perdu prise et je l'ai senti m'échapper. J'ai pensé "Bah, tant pis!", mais à cette seconde précise le baton a heurté ma tête. J'ai trouvé ça plutot drôle et l'ai complètement laché, mais le mouvement rotatif du baton s'est poursuivi et j'ai repris un coup sur la tête. Je pense qu'à ce moment là je devais avoir l'air d'avoir un rotor d'hélicopter en guise de perruque!

Peu après, Peter était en train d'executer sa section du combat pendant que je l'observais sur le moniteur. Alors qu'il levait la jambe pour donner un coup de pied à son adversaire, il bascula en arrière et tomba lourdement sur le dos. Il avait glissé sur un tuyau posé au sol, qui lui avait fait perdre l'équilibre sur sa jambe d'appui. J'ai alors couru pour voir s'il allait bien, mais mis à part le fait qu'il était un peu secoué et qu'il s'était légèrement écorché la main, il n'avait pas de mal.

Le lendemain fut le jour du bateau. Les scènes en mer peuvent être très problématiques dans la mesure où l'équipe n'a que peu d'endroits où se mettre pour ne pas être dans le champs de la camera, et ce jour là fut particulièrement éprouvant car, bien que la méteo fut ensoleillée, une virée sur la Baltique à cette période de l'année peut vous glacer jusqu'aux os. Le bateau à bord duquel nous avions embarqué était un ancien chalutier. (Je vous conseille de ne jamais aller aux toilettes sur ce genre d'esquif. Celà se résume basiquement à un trou dans le plancher. Plutot déplaisant, et je suis certain que ça peut même devenir perilleux sur une mer agitée...)
Le temps avait été long à attendre que l'équipement soit embarqué. Puis, lorsque celà avait été fait, le pilote n'avait pu manoeuvrer pour sortir du port en raison d'une panne de machineries. Enfin, alors que nous allions partir malgré tout, une des caméras s'était mis à faire des siennes, et nous avions du attendre encore pour son remplacement.
Trois heures de retard allaient à coup sur faire de cette journée de tournage un vrai défi. Hé bien, ce fut le cas!

Adrian


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4 Novembre, 2005 - Vilnius, Lithuanie


C'est la fin de la journée. Nous sommes passés à l'heure d'hiver. Le soleil disparait maintenant vers 16h15, et Brett ronge son frein. Le fait d'avoir seulement 8 heures à tout casser de lumière naturelle par jour n'a pas eu pour effet de compliquer les choses, mais de les rendre sacrément impossibles... Après les prises d'aujourd'hui dans la forêt à l'exterieur de Vilnius, tous les chefs d'équipe se sont rassemblés à la lumière d'un petit projecteur monté sur batterie pour essayer de comprendre comment nous allions bien pouvoir faire. Hier fut une de ces journées qui se terminent sans que le travail du jour soit achevé. Il eut été impossible que nous y arrivions de toutes façons, d'abord parce qu'une telle quantité de travail aurait déja été difficile à abattre en temps normal, mais surtout parce que le fait d'être à l'ombre d'une forêt signifiait que la lumière disparaitrait bien plus rapidement que dans une zone dégagée...

De plus les ennuis s'additionnaient. La voiture qui devait exploser a eu des problèmes. La deuxième voiture n'était pas arrivée. Elle était encore en train d'être équipée et repeinte à Munich, car quelqu'un avait commandé la mauvaise couleur. La voiture que nous avions était noire, mais pas l'autre. Nous aurions pu filmer d'autres plans accessoires, mais ça n'était pas possible en l'absence de l'arbre énorme qui devait faire partie du décor. Pourquoi n'était-il pas là? Hé bien, personne ne se rappelait s'il avait bien été commandé; et dans la mesure où c'était un très grand arbre, le transporter par le train avait du être difficile; et les équipes de production ne travaillaient pas le Dimanche. Ajoutons à celà que des pièces d'habillement avaient été oubliées, qu'un des camions d'effets spéciaux était en retard à cause du tournage de la 2ème équipe à Klaipeda, et que la poignée de portière d'une voiture avait été brisée par Peter Wingfield qui est une brute faite homme, et vous comprendrez que les choses ont été un peu ralenties. Alors j'ai observé, et j'ai écouté, et j'ai souri un peu. Oh, après tout, si on ne peut pas en rire, alors à quoi bon?

Je suis ragaillardi de savoir que Jim Byrnes et moi allons tourner nos premières scènes demain. On devrait bien s'amuser. (Je lui dirais de faire bien attention aux poignées de portières.)


Adrian

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7 Novembre, 2005 - Vilnius, Lithuanie


Lorsque je me suis réveillé l'autre jour et que j'ai entendu pleuvoir sur le toit de mon appartement, je me suis dit que les choses pourraient bien se corser. Mais fort heureusement pour nous, la pluie s'est arrètée et nous a donné une superbe lumière pour le tournage de ce jour. Jim Byrnes et moi avions tourné notre première scène la veille par une journée fraiche et sans nuages, et maintenant la pluie nous offrait un bon contraste pour filmer la seconde.

Ces deux scènes devaient avoir lieu dans une voiture, et pour celà nous avons utilisé ce qu'on appelle un "low rider", c'est à dire une remorque sur laquelle le véhicule est placé avec des caméras montées à l'avant. Un deuxième véhicule tire le low rider, donnant l'impression que nous conduisons vraiment. C'est l'une des nombreuses façons différentes de filmer une scène en voiture.

La seule difficulté provoquée par ce système est pour rentrer et sortir du véhicule une fois que la camera est installée contre la porte. J'ai eu la chance de pouvoir sortir en me glissant par la fenètre entre chaque prise, mais le pauvre Jim a du rester assis dans la voiture tout le temps que la camera se trouvait placée de son coté du véhicule...

Le fait d'avoir écrit la façon dont Peter Wingfield avait cassé une poignée de porte il y a quelques jours n'a aparemment pas été bon pour mon karma, dans la mesure où j'ai moi-même brisé le bouton de vérouillage de la portière avec ma botte en me glissant à l'intérieur de la voiture par la fenètre. Evidemment celà a du être réparé avant que le tournage ne reprenne, mais ça m'a donné du temps pour échanger quelques bons mots avec Jim. Comme beaucoup d'entre vous doivent le savoir, on ne s'ennuie jamais en compagnie de Jimmy, qui a toujours une histoire ou une bonne blague à raconter.

Je lui ai demandé à un moment comment il se sentait de rempiler pour un tournage après si longtemps. Et à sa manière typique, il m'a répondu qu'il était ravi de reprendre le boulot, que ça lui avait manqué, mais que ce qui lui avait manqué le plus était le cachet!

Plus tard, lorsque nous eûmes fini j'ai dit à Brett qu'il avait de la chance car voilà qu'apparaissait le soleil, juste à temps pour que nous puissions finir une autre scène qui avait été commencée un jour de beau temps. Il m'a répondu que lui avait un bon karma avec la météo... J'espère que ça va durer, car nous sommes sur le point d'entamer un cycle de tournages de nuit, ce qui signifie que nous travaillerons jusqu'à 5 ou 6h du matin.

Adrian


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13 Novembre, 2005 - Vilnius, Lithuanie

 
Ah... Tourner un film dans un pays étranger, avec des personnes de 7 nationalités différentes, peut parfois créer quelques problèmes qui n'arriveraient pas si tout le monde parlait la même langue. De ce que j'ai recensé, nous avons des Australiens, des Americains, des Lithuaniens, des Anglais, des Irlandais, des Gallois, des Ecossais (bien que je pourrais compter les deux derniers comme Britanniques), des Hongrois, des Tchèques, des Chinois et des Canadiens parmi les membres de l'équipe. De ce fait il y a parfois quelques problèmes de communication, ce qui ralentit les manoeuvres...

Quand j'ai su que nous allions démarrer les nuits, j'ai aussi réalisé que nous nous attaquions à l'une des parties les plus difficiles du tournage. Ce n'était pas seulement à cause des horaires bizarres, mais surtout parce nous allions devoir exécuter l'une des séquences de poursuite du film, qui devait avoir lieu dans une forêt en dehors de Vilnius, et ce en un temps record...

Deux nuits avant que nous ne commencions à filmer cette séquence incluant des coups de feu, des motos, des chevaux et des acteurs courant à tout allure à travers bois en pleine nuit, on nous a dit que nous devions tout changer. Dans la précipitation de trouver une solution, j'ai réalisé que le fait de modifier certaines choses nous éloignerait de l'histoire et du developpement des personnages, et que ces changements tueraient la fin du film...

Après plusieurs coups de fil entre Los Angeles et la Lithuanie, nous avons finalement convenu d'un plan pour réduire et combiner certaines des scènes d'action de façon à ce que l'histoire garde son sens. Nous avons découpé les scènes d'action en séquences plus courtes, nous les avons répétées avec les cascadeurs, et avons fait une liste de chaque scène de façon à savoir exactement combien de prises seraient nécessaires pour raconter l'histoire. Obtenir tout ce que nous voulions s'est avéré être une tache ambitieuse, mais je me suis dit que nous aurions une chance d'y arriver si tout ce passait comme sur des roulettes...

Le soir suivant, j'ai eu un message de la production me disant que quelqu'un n'avait pas fait son travail, ou du moins avait oublié de mentionner au département forestier que nous ferions sauter des motos à travers un de leurs bois. Toujours est-il qu'ils nous interdisaient de faire celà. J'étais furieux. Qu'allait-il encore nous tomber dessus?

Après encore une autre série d'appels le jours suivant, Christian, l'un des producteurs m'a dit que nous aurions plus d'informations le lendemain car une réunion allait avoir lieu à ce propos. Il était alors 3h du matin, et nous ne pouvions rien faire de plus en attendant.

A mon réveil le soir d'après, on m'a dit que nous pourrions finalement utiliser les motos malgré tout. Cependant, nous ne pourrions pas nous éloigner de plus de 5 mètres du sentier... Génial. Ca allait être chouette. Nous pourrions avoir toutes les motos alignées en file indienne recherchant desespérement leurs proies... Et qu'en était-il des chevaux? Pour eux, pas de problème. C'étaient des animaux, qui ne causeraient probablement pas autant de dommages.

A nouveau nous dûmes rapidement tout réorganiser et trouver une solution pour arriver à faire ce que nous étions censés faire, mais je savais que ça allait encore nous ralentir... Et ce fut le cas!


Adrian

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16 Novembre, 2005 - Vilnius, Lithuanie

 
Mon Dieu comme le temps passe vite! Il me semble que les enchères se sont tenues seulement la semaine dernière, mais voilà que tout à coup je m'avise que le moment est venu pour nos 2 gagnantes, Ruth Kaufman et Laura Feingold, d'arriver sur le tournage. Carmel MacPherson de Highlander Worldwide et John Mosby d'Impact magazine sont aussi de la partie.

Je pense que leur première impression en arrivant a du être que le temps à Vilnius était bien différent de ce à quoi ils étaient accoutumés. Heureusement ils avaient été prévenus à l'avance afin qu'ils prennent leurs précautions. Carmel, arrivée la première, déclara que la météo n'était pas si mauvaise. Du moins à première vue! On lui proposa de lui prêter un deuxième manteau mais Carmel, fidèle à elle-même, refusa... Elle fut aperçue quelques heures plus tard, alors que la température avait chuté et que la morsure du froid recommençait à se faire sentir, avec une longue écharpe enroulée autour de sa tête... Je pense que lorsqu'on lui offrit à nouveau un manteau, elle a du accepter de tout coeur!

La nuit suivante vit l'arrivée de Ruth et Laura sur les lieux. Malheureusement, au moment que choisit Carmel pour nous présenter j'étais en train de courir pour aller faire quelque chose. Je ne me souviens pas quoi exactement, mais je me rappelle avoir espéré qu'elles ne m'avaient pas trouvé malpoli. Toutes deux semblaient très excitées d'être ici, et Ruth m'a confié que c'était le 50ème film dans lequel elle apparaissait. Je crois bien qu'elle a fait plus de films que moi!

La première nuit je leur ai demandé leurs impressions, car je savais qu'assister au tournage d'une scène peut être interessant, mais lorsqu'on doit la recommencer c'est aussi passionnant pour le spectateur que de regarder de la peinture sécher... Laura me répondit qu'elle ne pourrait pas supporter de devoir refaire la même chose encore et encore.
Elles ne restèrent pas très longtemps. Bien que nous tournions de nuit, ce qui fait que le décalage horaire n'était pas trop dérangeant, je crois qu'après leur long voyage elles ont décidé d'aller se coucher de bonne heure. Ou bien fut-ce à cause du coup de colère que Brett a eu...? Dès le début nous nous étions rendus compte que ce serait une nuit difficile car les choses allaient plus lentement que de coutume, donc peut-être la pression a-t-elle fait sauter la soupape. Je connais ça; ça m'est arrivé quelques nuits plus tôt...

La nuit qui suivit, Jim Byrnes a joué une chanson qu'il avait écrite spécialement pour le film, et c'était certainement plus agréable pour elles que d'assister à la scène que nous tournions au milieu d'épaves de voitures et de sans abris...

Finalement le jour de leur apparition-clin d'oeil arriva. Elles passèrent chez l'habilleuse, et même Carmel et John eurent le droit de participer. Je ne suis pas certain qu'ils avaient bien mesuré l'ampleur de ce pour quoi ils avaient signé. Lorsque je suis arrivé sur le plateau, ils m'ont dit qu'on leur avait attribué une tache bien précise à chacun. Les filles se sont toutes trois surnommées les "lavandières", alors que John s'est apparemment retrouvé dans la peau d'un alcoolique. A moins qu'il n'ait eu une vraie bouteille de whiskey à la main...

Ruth bavarda et continua de faire ses nombreuses imitations qui ont le don d'amuser les autres, tandis que Laura entrait en scène en réajustant son soutien-gorge et en disant que son patron n'en croirait pas ses yeux s'il la voyait dans cette tenue. Heureusement leurs roles leur imposaient de rester près d'un feu de camp, ce qui leur permettrait de ne pas prendre froid. Vers 6h du matin, je me suis demandé pourquoi elles étaient toujours au même endroit, pelotonnées l'une contre l'autre à me regarder arpenter ce terrain désolé. Elle m'ont alors dit qu'elles s'apprètaient à regagner leurs penates lorsqu'elles avaient été rappelées, car il restait encore une prise qui nécéssitait leur présence. Hé bien oui, la façon de vivre sur un tournage, que les gens s'imaginent "exotique", peut être bien différente lorsqu'on la vit pour de vrai. Enfin, cette nuit sera leur dernière ici, et je suis sur que vous entendrez d'autres versions de leur séjour, vu par d'autres personnes, mais j'avais envie de vous donner la mienne. Tout bien pesé, j'espère que pour elles le voyage en a valu la peine.


Adrian

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22 Novembre, 2005 - Vilnius, Lithuanie


Où suis-je? C'est un peu dans cet état de désorientation que je me sens en ce moment. Celà fait une semaine que je n'ai rien écrit, et le travail de nuit a tout chamboulé. C'est le jour de relâche, et je crois que j'ai du dormir 10h d'affilée. Tout le monde sur ce film a travaillé extrêmement dur. Brett Leonard a été à pied d'oeuvre jour et nuit pour obtenir l'exacte qualité des prises qu'il désirait. Nous autres, acteurs, avons pour la plupart tourné avec la première équipe le jour, puis avec la seconde la nuit qui suivait. Les techniciens, épuisés, continuent de se donner au maximum malgré le froid afin de ne pas dépasser les délais, et tout ça parce que nous sommes tous persuadés que nous sommes en train de faire quelque chose de bon. Nous avons fait du bon boulot, mais pas sans dommages collateraux. Une nuit, la camera montée sur grue a été désequilibrée par le passage sur un nid de poule et est tombée, et un peu plus tard l'un des figurants a du être transporté d'urgence à l'hopital à cause d'une attaque d'épilepsie.

Dormir le jour et travailler dans le froid toute la nuit, sans une seule minute de répit... Et pourtant, je ne donnerais ma place pour rien au monde. Suis-je fou à ce point?
Vous vous souvenez quand je vous ai parlé de mettre le script dans une certaine forme susceptible de laisser libre court au processus de création? Hé bien, c'est exactement ce qui se passe en ce moment. Je viens de finir l'un des duels les plus importants du film, et à la dernière minute nous avons eu la possibilité d'y ajouter une touche qui l'a rendu non seulement plus interessant visuellement qu'une scène d'action classique, mais aussi très révélateur du point de vue des personnages. J'ai toujours pensé qu'une séquence d'action ne vaut que par le développement du caractère des protagonistes qu'elle peut apporter. Bien sur, l'action pure peut être cool pour certains, mais lorsqu'elle est éxecutée avec soin, et que les personnages ont également un échange verbal, même métaphorique, l'histoire et le sujet deviennent 10 fois plus interessants. Je peux voir des exemples de cette théorie tous les jours sur ce film.

Comme je l'ai mentionné plus haut, le froid ne nous ménage pas, mais nous avons eu plutot de la chance avec le temps. Vous vous rappelez lorsque j'ai écrit que Brett m'avait dit avoir un bon Karma avec la météo? Hé bien il a failli s'en mordre les doigts l'autre nuit, quand il s'est mis à neiger et que nous avons cru que nous aurions a trouver une raison logique pour laquelle il neigerait dans certains plans et pas dans d'autres... Mais son Karma méteorologique a tenu le coup et la neige s'est arretée, nous permettant de continuer le tournage.
Figurez vous que même dans les films à gros budget on peut déceler les moments où le temps a été un problème, comme dans Impitoyable par exemple. (NDT: de et avec Clint Eastwood) Revoyez le film et essayez de repérer la scène dans laquelle le décor semble par moment couvert de neige et pas à d'autres...

La neige est bien plus problématique que la pluie. Même s'il pleut, dans certains cas vous ne pourrez même pas le deviner en voyant le film. On m'a dit que la pluie factice utilisée dans les films était traitée en usine et mélangée avec un peu de lait pour qu'elle soit plus visible. Je ne sais pas si c'est encore couramment usité, mais ça me parait logique...

Alors maintenant, nous abordons les deux dernières semaines de tournage, et avec elles la fin du film. Le temps est passé très vite, et en un rien de temps nous nous retrouverons à travailler sur le montage et les effets spéciaux. De ce que j'ai vu jusqu'à présent, je crois que nous avons un formidable film Highlander sur la pellicule, bien que ce ne soit plus vraiment une pellicule mais un disque dur digital... Même si vous avez les meilleures images possibles, le montage, le son et les effets spéciaux peuvent transfigurer un film, ou le détruire... Le bal est donc loin d'être terminé, alors restez à l'écoute, et je vous ferai encore bien des révélations sur le tournage de H5.


Adrian

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27 Novembre, 2005 - Vilnius, Lithuanie


Une Scène Mémorable

Nous tournions dans un cimetière la nuit dernière, et il faisait très froid. Un vent glacé a soufflé toute la nuit. C'était aussi la première fois que nous utilisions un éclairage par ballon. Hé oui, c'est en fait un gros ballon avec une lampe à l'interieur, et lorsqu'il s'élève dans les airs il produit une lumière d'ambiance similaire à celle de la pleine lune. D'ailleurs, nous nous sommes fait la reflexion que si nous coupions les filins qui le retenaient au sol, on aurait l'impression que la lune se promène au dessus de nous... Créé à l'origine pour l'éclairage des chantiers de construction, ce système a depuis été utilisé bien souvent sur des plateaux de tournage.

Lorsque j'ai découvert que nous allions utiliser ces ballons-lanternes pour le film, j'ai fait la remarque qu'ils étaient une façon géniale de produire ce genre de lumière, mais qu'ils pouvaient poser problème en cas de vent. Nous les avions déja utilisés à l'époque de la série, et je me rappelle en avoir vu valdinguer d'un bord sur l'autre, secoués par les bourrasques. J'aurais sans doute mieux fait de me taire, car cette nuit fut justement la première nuit de grand vent, et evidemment le ballon s'est mis à rebondir dans tous les sens. Donc nous avons du attendre pendant que Steve, le directeur de la photographie, modifiait sensiblement ses éclairages pour obtenir le visuel qu'il voulait.

La nuit était donc bien froide, et nous filmions l'une de ces scènes étranges dans lesquelles la frontière entre réalité et fiction est un peu floue. Vous comprendrez ce que je veux dire lorsque vous verrez le film. Je n'ai eu aucun problème pour m'y impliquer émotionnellement et, lorsque j'ai mentionné à Peter Wingfield combien cette scène allait être dure, il a approuvé sans hésiter.
Je pense qu'on s'en souviendra longtemps.

Toute la nuit l'air a semblé se teinter de blanc, tandis qu'un mélange de cristaux de glace et de flocons de neige s'abattait sur nous. Une tempète approchait. Vers 7h30 du matin, il n'y avait qu'une fine couche de poudreuse sur le sol. Mais la nuit prochaine, au cours de laquelle nous aurons à tourner les scènes situées chronologiquement avant celle-ci, pourrait nous causer des tracas de continuité, dans la mesure où un blizzard est annoncé...


Adrian

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28 Novembre, 2005 - Vilnius, Lithuanie


Yo Ho Ho!

J'ai toujours adoré me réveiller et voir la pièce illuminée par la blancheur brillante de la neige. Mais le faire à 16h30 est un peu étrange! Hé oui, il a neigé. Pas beaucoup, mais suffisamment. Lorsque je suis arrivé au studio où nous devions tourner une scène en exterieur dans un décor pré-fabriqué, tout était recouvert de blanc. Le décor était superbe ainsi, mais nous avons été obligés faire fondre une partie de la neige pour pouvoir circuler, et aussi pour ne pas trancher avec les plans des nuits précedentes, puisque nous allions devoir arpenter cette belle poudreuse immaculée qui se transformerait petit à petit en boue...

La nuit s'est bien passée. C'était la première rencontre entre tous les Immortels de notre histoire, donc il était important de bien établir les relations entre les protagonistes. L'un des moments les plus droles arriva de manière plutot inatendue. On avait demandé à un figurant, qui jouait un moine, de se montrer à une fenètre. Bon, j'ai déja parlé du fait que la barrière de la langue peut parfois causer quelques difficultés, mais cette fois ce fut du grand comique.
La camera tournait, et le moine apparut à la fenètre.

Alors que toute l'équipe regardait, Brett, depuis la tente de visionnage, demanda au moine de s'éloigner de la fenètre. Oui mais voilà, quelqu'un avait omit de placer un talkie-walkie à proximité de l'homme, et les instructions tombèrent dans l'oreille d'un sourd. Le fait de lui crier de dégager n'eut pas plus d'effet, alors quelques uns d'entre nous lui fimes de grands signes pour qu'il disparaisse. Mais à ce moment là, au lieu de s'en aller, il se mit à sourire et nous fit bonjour de la main! Nous eclatâmes tous de rire. Brett demanda qu'on lui fasse comprendre en Lithuanien. Mais lorsque quelqu'un se mit à hurler l'équivalant Lithuanien de "Quittez le plateau!", nos rires redoublèrent car une autre personne rétorqua "Il est Russe!" Nul besoin de préciser que le message mit un peu de temps avant d'être transmis...

Si ça ne vous fait pas rire, tout ce que je peux dire c'est que vous auriez du être là!


Adrian

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29 Novembre, 2005 - Vilnius, Lithuanie

Dernière Semaine

Voyons, quel jour sommes-nous? Ah oui, c'est Mardi, et c'est relâche. Enfin je crois! Au point où nous en sommes, les conséquences du travail de nuit se sont déja fait sentir. Les jours et les nuits se succèdent et se bousculent. Les gens sont fatigués, et pourtant la plupart du temps ils sourient. Après avoir passé la majeure partie des semaines précédentes dehors dans le froid, le retour en studio fut chose bienvenue, dans la mesure où nous crûmes que nous allions passer le reste du tournage "indoor". Las, dès qu'il s'est remis à neiger, nous nous sommes retrouvés en extérieur à nouveau...

La neige a tenu juste (mais vraiment juste!) assez longtemps pour que nous conservions une continuité dans les scènes que nous tournions. Le dernier jour fut un peu problèmatique cependant, puisqu'il se mit à pleuvoir et que pratiquement toute la neige a disparu. Mais gràce au dur labeur de l'équipe de décoration, nous avons pu ajouter un peu de neige artificielle pour masquer les trous causés par la pluie.

Après avoir enfin achevé la séquence en extérieur, l'équipe principale s'est acheminée au pas de course vers le studio A afin d'y completer une scène du début du film. Dans la mesure où nous approchons de la fin et que nous n'avons plus une minute à perdre, je me suis mis à répeter la séquence d'action finale avec Vernon Rieta. Après avoir établi les storyboards et avoir discuté avec la production ainsi qu'avec Brett Leonard, nous avons maintenant un plan. A la différence des films à gros budget qui disposent de 3 semaines pour tourner une séquence de ce type, nous n'aurons que 4 jours, ce qui va nous obliger à être particulièrement créatifs pendant cette unique semaine de répétition.

Malheureusement on ne nous a pas accordé le temps necéssaire pour répeter correctement à cause des délais très serrés, donc la tache en sera d'autant plus énorme. Nous allons très vite savoir si les augures sont de notre coté.
Après 2 heures de répétitions, nous avons réalisé qu'il était déja 7h30 du matin. Le temps est passé en un clin d'oeil, et nous n'avons pu nous occuper que d'une poignée d'idées. Cette dernière semaine va être longue...
Quel jour sommes nous déja?
 

Adrian

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2 Decembre, 2005 - Vilnius, Lithuanie


Adieux

La nuit dernière vit le départ de 4 de nos acteurs. Wow, comme c'est arrivé vite. Ce fut une nuit amusante de bien des façons. Je me souviens que nous avons beaucoup ri — peut-être fût-ce parce que nous commencions à sentir l'écurie, ou peut-être simplement à cause de la scène... Steve Wight s'est montré particulièrement drole pendant les prises, et j'espère qu'ils vont faire un bétisier de ses improvisations. Il n'arrètait pas de changer les dialogues entre lui et Jim Byrnes, et à chaque fois c'était hilarant.

Un autre moment de détente vint encore une fois de deux des figurants habillés en moines. Ces moines-là devaient faire office de gardiens de leur monastère, et à cet effet, étaient armés de longs batons. Lorsque nous surgissions, ils étaient censés se montrer menaçants. Celà peut être une vraie difficulté pour certains figurants, mais cette fois ça fonctionna. Enfin, presque. Deux d'entre eux, à qui on avait donné des massues ont entrepris de faire de grands mouvements menaçants avec leurs bras. Durant une prise en particulier — et je remercie Dieu de m'avoir fait remarquer ça — je les vis faire des moulinets et donner des coups en l'air dans ma direction, comme s'ils se prenaient pour des tigres ou quelque chose de ce genre. Ils avaient plutot l'air de clowns comme ça; j'ai du me retenir de toutes mes forces pour ne pas rire. Lorsque "Coupez!" fut prononcé, je me retournais et vis que Peter Wingfield et Jim Byrnes, qui se tenaient tous deux derrière moi, étaient eux même en train de pouffer. C'est alors que Steve Wight est arrivé et s'est mis a imiter les moines, qu'il avait repéré lui aussi, et cette fois nous avons vraiment éclaté de rire!
Je suppose que notre exuberance n'est pas passée inaperçue, puisque durant la prise suivante je vis nos figurants aborder une approche bien différente pour leurs menaces...

La nuit s'écoula sans anicroches, et encore une fois nous ne vimes pas le temps passer. Le premier à s'en aller fut Peter Wingfield, qui fila directement à l'aéroport pour attraper son vol de retour vers Los Angeles. Peter a fait un excellent travail dans ce film, et je pense que les gens vont vraiment être enchantés par le personnage tel qu'il l'a interprété. Methos est une composante-clé de ce film, et je pense que les fans de Highlander s'en souviendront longtemps.

Puis vint le tour de Thom Fell et de Steve Wight. Eux aussi ont travaillé très dur et avec efficacité pour amener de nouveaux personnages dans l'univers Highlander à être pour toujours immortalisés sur pellicule. Nous nous sommes bien amusés avec eux durant le tournage, et ce fut un peu triste de les voir partir.

Enfin, le dernier mais non le moindre, ce fut le tour de Jim Byrnes. Joe Dawson a quitté la scène, et à nouveau nous avons du saluer la fin d'un nouvel épisode de l'histoire des Guetteurs. Le temps est un facteur qui n'épargne aucun de nous, et à un certain point nous devrons quitter les personnages que nous avons appris à si bien connaitre. Mais d'ici là, il nous reste une semaine de tournage devant nous, et encore un combat à terminer.


Adrian

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4 Decembre, 2005 - Vilnius, Lithuanie


Aaaaaaah! OUCH!

Nous voilà au coeur de la dernière semaine de tournage, semaine au cours de laquelle nous avons prévu de filmer l'ultime affrontement du film. Le problème, c'est que nous avons manqué de temps pour répeter le duel entre Cristian Solimeno et votre serviteur. Vernon Rieta et moi-même avons eu quelques idées que nous avons du soumettre à Brett, afin de verifier que sa vision de la confrontation correspondait à la notre, et par chance c'était le cas.
Maintenant le travail de choregraphie est une autre paire de manches... C'est formidable d'avoir des idées mais parfois, les mettre en pratique peut s'avérer beaucoup plus compliqué, et ce combat ne fit pas exception. Dans la mesure où j'étais occupé sur le plateau presque constamment, j'ai du me débrouiller à trouver du temps pendant mon jour de relâche pour travailler sur le combat, et courir entre les prises pour aller mettre en forme les différentes idées pour chacune des sections de la scène.
L'autre souci majeur était qu'avec si peu de temps devant nous, nous allions nous exposer à des accidents...

Beaucoup de gens me demandent si j'ai déja été blessé au cours d'un combat, et quelle était la blessure la plus courante. Alors je lève un doigt de la main droite — non, je ne leur fait pas un geste obscène, je parle de l'index! — et je leur réponds que c'est invariablement cet endroit qui est le plus souvent atteint.
Pendant que j'étais sur le plateau, Vernon a commencé les répetitions seul avec Cristian, mais bien sur il y a certaines choses qui nécessitaient notre présence simultanée, pour définir le timing des mouvements, de façon à ce que nous soyons parfaitement à l'aise de les executer.

Lorsque nous commençâmes à tourner cette séquence, nous n'avions pas fini de créer la totalité du combat, parce que comme je l'ai déja mentionné nous n'avions eu que 4 jours pour y arriver. Il nous venait sans arrèt des idées pour l'améliorer, et nous devions aussi inclure une certaine ligne directrice dans cet affrontement, pour qu'il reste cohérent avec le reste de l'histoire. En principe, quand vous verrez le film vous comprendrez mieux ce que je veux dire.
A la fin du deuxième jour je n'avais que quelques égratignures et, oui, ce fameux doigt en faisait partie, mais ça n'était rien de grave.

Le facteur temps ne jouait pas en notre faveur, et nous avons du nous bagarrer pour arriver à faire toutes les prises dont nous avions besoin pour finir les différentes séquences, mais aussi tous les plans dont Brett aurait besoin pour les effets spéciaux.
Sans le moindre délai supplémentaire accordé par les "Pouvoirs Qui Sont" — ce qui est un peu étrange, dans la mesure où tous les films de ce genre sont amenés à en avoir besoin en fin de tournage — nous avons commencé à nous faire un peu de soucis concernant notre capacité à finir cette scéne...
Hé bien, on y est arrivé!
Mais c'est une autre histoire...


Adrian


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8 Decembre, 2005 - Vilnius, Lithuanie


Emballez, c'est pesé!

Hé oui, ça y est. Par une froide journée Lithuanienne, aux petites heures de l'aube du 8 Decembre, nous sommes finalement parvenus à l'issue de tournage principal de Highlander: The Source, et nous touchons au but.
L'emploi du temps de ce dernier jour incluait la dernière section de la scène de combat, mais aussi plusieurs autres plans qu'il nous restait à filmer pour le combat principal. Brett, comme à son habitude, se montra capable de réorganiser mentalement toutes les prises qu'il désirait pour que nous puissions y arriver. Et pendant qu'il préparait ça, je fis de mon coté une liste de toutes les sections qui necessitaient plus d'attention afin de les connecter sans erreur aux autres scènes que nous avions tourné les jours précedents.

Nous eumes aussi l'occasion d'utiliser ce que nous appelons affectueusement la "Dolly" d'Eddie Stacey. (N'ayez pas l'esprit mal tourné! Ce n'est pas une poupée gonflable!). Il s'agit d'un cadre métalique monté sur roues, dans lequel on place une caméra. Lorsqu'il est filmé l'acteur peut alors frapper le rembourage en caoutchouc qui recouvre ce cadre carré, ce qui donnera l'impression au spectateur de se retrouver au coeur même du combat.
Cristian Solimeno y jeta un oeil et, comme il se sentait un peu nerveux de devoir se retrouver à agiter son épée si près du cameraman, il me demanda si je voulais bien passer le premier... Brett lui répondit à ma place que, de toutes façons, tout avait été réglé pour filmer sa prestation, et donc qu'il se devait de l'inaugurer...
Ce fut aussi un moment plutot amusant.
La plupart du temps, les cameramen se bousculaient pour réaliser une scène (nous en avions 3, dont Steve Arnold, notre chef-opérateur.) Mais cette fois, personne ne voulait se porter volontaire pour s'asseoir derrière la Dolly et ressentir toute la brutalité des coups d'épée.
Hé alors quoi, ils ne nous faisaient pas confiance?
Donc Brett décida que c'était son devoir de s'y installer et de filmer lui même.

A l'issue de la première prise, Brett eut un sourire un peu forcé et déclara: "Hum, c'était bizarre."
Après encore une ou deux prises, ce fut mon tour. Je m'en suis alors donné à coeur joie contre les murs de caoutchouc mais, lors du dernier plan, alors que j'étais au milieu d'un mouvement, Brett cria "Coupez!" Je ne sais pas comment je m'y suis pris, toujours est-il que ce dernier coup atterrit juste sur mon pouce gauche. Comme je me l'étais déja esquinté un peu plus tot dans la journée, suite à une autre maladresse, c'est avec douleur que je le vis cette fois gonfler et se mettre à saigner... Je crois que c'est la pire blessure que je me sois jamais infligée.
Celà m'a rapelé ce fameux adage, bien connu des skieurs, qui veut que la dernière descente de la journée soit toujours celle où l'on risque le plus d'accidents. Hé bien, je crois que j'ai trouvé un parallèle avec le maniement des armes!

Quoi qu'il en soit, le temps vint pour Thekla Reuten de partir. Elle dut se dépécher, car ce matin elle devait être en Hollande afin de commencer les essayages pour un autre film. Après quelques embrassades et déclarations du genre "Wow, ce fut une sacré aventure!" et autres promesses de se revoir bientot, elle s'en alla rapidement pour attraper son avion.
Et alors que les minutes passaient comme des secondes, il me restait encore une ultime scène à faire en compagnie de Cristian. Cette fois l'honneur de passer en premier me revint. Comme nous tournions devant un fond vert, j'ai pu reprendre un plan d'un duel précédent, que nous n'avions pas eu le temps de terminer.
Pour vous expliquer brievement comment celà fonctionne, on commence par filmer un paysage ou un décor d'arrière plan, puis un autre plan des comédiens devant un fond vert est placé digitalement par dessus le premier.
Je suis curieux de savoir si on pourra le remarquer à l'écran...

Et tout à coup vint le moment pour Adrian Paul de s'en aller... Oh vraiment? Déja? C'est comme si nous avions commencé il y a seulement une quinzaine de jours, cependant mon corps me rappelle que ce n'est pas tout à fait le cas...
Alors que tous se ruaient dans tous les sens pour mettre en boite la dernière scène de Cristian, je suis allé me changer et suis revenu juste à temps pour le clap final. C'était terminé, en tous cas pour l'équipe principale — Brett avait encore devant lui 2 jours pour tourner quelques scènes éparses avec une seconde équipe restreinte.
Nous nous sommes alors attardés autour du bureau du second assistant réalisateur, mangeant des gateaux et buvant du champagne — bien qu'il ne fut que 8h du matin —, mais surtout bavardant et riant, sans doute de soulagement, à propos des experiences que nous venions de partager. Et il y en avait un paquet!

Je voudrais remercier tous ceux qui ont été impliqués de près ou de loin dans le tournage de Highlander: The Source. Je pense que nous avons achevé un film remarquable, et tout le monde a travaillé très dur pour que nous ayons un formidable produit à mettre en boite, ou sur disquette, ou cassette, ou mémoire d'ordinateur, enfin bref... J'espère que le produit fini après post-production sera à la hauteur des efforts de tous ceux qui y ont collaboré jusqu'à aujourd'hui. Mais de celà je suis certain.

Maintenant c'est l'heure pour moi de partir. Mes affaires ont été emballées, mes bagages remplis à craquer de toutes sortes d'objets que j'ai récupérés au cours de ces 10 dernières semaines, et il ne nous reste plus qu'a nous diriger vers le bureau de location de voitures. Alex et moi allons nous relayer au volant pour aller en Hongrie en traversant la Lithuanie, la Pologne et la Slovaquie, en compagnie de Budino, notre chien. Son petit dejeuner ayant été composé de viande, de foie et de croquettes, et dans la mesure où la route sera à coup sur cahoteuse, j'espère que sa digestion tiendra le choc... Mon Dieu! Je crains le pire. 1200 Km dans un espace réduit et clos... Mais où ai-je la tête?

Merci aussi à vous tous, qui avez lu jusqu'au bout le récit de mes expériences sur le tournage de ce film.
Je vous reparlerai bientot!


Adrian


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25 Decembre, 2005 - En Vacances!


Explosé!

En passant en revue mes photos du tournage, je me suis aperçu que j'avais oublié de vous parler de l'explosion. (Pas une explosion de colère, du genre que j'ai peut-être eu une ou deux fois, mais une vraie!)
C'est arrivé l'un des 4 jours que nous avons passé à Klaipeda, qui, comme vous vous en souvenez, se situe à 300Km au nord de Vilnius. C'est là que nous avons nottament travaillé sur un petit chalutier, mais aussi que nous avons tourné une séquence d'action de grande envergure qui devait se terminer par l'explosion d'un camion.

Nous avions achevé de filmer cette séquence, et la seconde équipe s'attelait à obtenir tout les plans de coupe nécéssaires pour le montage final. L'un des plans dont ils devaient s'occuper était cette fameuse explosion du camion...

Lorsqu'on fait sauter un vehicule, il doit être préparé d'une certaine manière. (Vous ne pouvez pas simplement déclencher la mise à feu en espérant que ça marchera comme vous le voulez...)
Bref, le camion avait été mis en place et tout le matériel installé, lorsque quelqu'un s'aperçut que le tout avait été assemblé avec des vis et des pointes, le transformant basiquement en "bombe sale". Si quelqu'un s'en approchait au moment de l'impact, les dommages seraient énormes...

Alors que l'ensemble de l'équipe s'activait à localiser et à retirer tous les clous qu'ils pouvaient, nous autres étions en train de filmer quelques 350 mètres plus loin, sur un quai adjacent.
Finalement, on nous averti que la seconde unité était prète pour la détonation.
L'onde de choc nous frappa, et un énorme panache de fumée et de feu s'éleva au dessus des immeubles en face de nous. Tant que vous n'avez pas vu et ressenti une explosion, vous ne pouvez vraiment pas vous imaginer la puissance mise en oeuvre. Nous nous trouvions derrière des immeubles à presque 400 mètres de là, et nous l'avons quand même sentie passer... Peter Wingfield m'a dit qu'il était à ce moment là assis dans le bateau, et qu'il l'avait nettement senti tanguer.

Après cet évenement, tous étaient très content du résultat — surtout les membres de la seconde équipe, que l'on vit se faufiler hors des abris de fortune qu'ils avaient improvisé pour se protéger de l'explosion.
 

Adrian

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28 Mars, 2006


Bonus!

J'ai vu aujourd'hui le premier montage de The Source, et le film a vraiment, vraiment l'air grandiose. Je ne suis pas le genre d'homme à m'emballer, et comme la post-production est loin d'être finie, je vais réserver mon jugement encore pour quelques temps. Il doit rester une ou deux coupures à faire, et nous n'avons pas encore commencé le mixage sonore, la bande originale ni le travail sur les effets spéciaux et visuels.
Mais après ce que j'ai vu, je suis très enthousiaste.
Restez branchés!


Adrian

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29 Juin 2006


La musique de The Source

Après des mois de travail sur le montage et les effets visuels, le temps est finalement venu de nous atteler à la mise en musique de The Source. Le réalisateur Brett Leonard et BJ Rack, le producteur supervisant la post-production du film, ont décidé de mettre le nom de George Kallis en tête de leur liste. George n'est pas étranger à la création de bandes originales, ayant travaillé avec des gens tels que Hans Zimmer, qui a recemment terminé les musiques du Da Vinci Code et de la suite de Pirates des Caraïbes, qui sort cet été.

George est un compositeur très talentueux. Dès que son engagement fut finalisé il s'est mis au travail, et a écrit pour le film une musique époustouflante qui vient d'être enregistrée par un orchestre de 80 musiciens. Passionnée, obsédante et émouvante sont les mots que j'emploierais pour la décrire. Accompagnée d'autres morceaux enregistrés en Angleterre, la musique de The Source comprend quelques vieilles mélodies typiques de Highlander auxquelles on a donné un tour plus moderne, mais aussi de fantastiques nouveaux thèmes.

La semaine passée j'étais encore à Londres, en salle de doublage — l'enregistrement de sons ou de dialogues qui ont besoin d'être modifiés ou remplacé pour des raisons techniques ou autres. Le film a l'air impressionant. Le jeu des acteurs est puissant. Les combats sont différents. L'histoire est compréhensible. Les effets? Je ne les ai pas encore vus et ce n'est pas pour demain, mais de la façon dont les choses se déroulent je suis très optimiste quant au fait que ce film va donner au Highlander original un coup de vieux!


Adrian

Auteur : Capitainekirk infos sur l'auteur | contactez l'auteur | le site de l'auteur